19h52, le 2 janvier 2009. Je suis confortablement installé en première classe du train Paris-Granville. J’ai donc un peu plus de deux heures pour polémiquer avec vous autour de l’hypothétique licenciement de 17% de la masse salariale de Microsoft. Cela représente tout de même 15 000 emplois dans le monde, puisque Microsoft compte près de 90 000 salariés.
19H56, rapide arrêt à Flers, pour une minute. Ce n’est un secret pour personne, la firme de Redmond est un mastodonte qui enregistre chaque année toujours plus de profits. Pour le dernier exercice fiscal, clos en juin 2008, la société américaine a dégagé un bénéfice de près de 15 milliards de dollars, de quoi donner le tournis à beaucoup de chefs d’entreprise. Mais pourquoi une compagnie comme Microsoft, qui a recruté à tour de bras et qui dépense des dizaines de millions de dollars pour étendre son campus, près de Seattle, décide-t-elle de licencier autant de personnes sur un coup de tête. C’est un scandale, l’excuse de la crise est grotesque et surréaliste. Vous ne pensez pas.
20H06, nouvel arrêt, mais je ne sais pas où. Je n’aperçois pas de panneau d’affichage. Microsoft a su dépenser sans compter pour imposer sa console de jeu vidéo. Les pertes accumulées se comptent en milliards de dollars. Aucune entreprise au monde n’aurait pu se permettre d’investir autant sans gagner le moindre centime. Je vous l’accorde, la Xbox devient bénéficiaire, mais à quel prix ? Etait-ce réellement raisonnable ? Sûrement, sinon l’état major de Microsoft n’aurait pas pris l’effort de percer ce marché oligopolistique.














